Ma langue au chat
Un roman contemporain français de Laurent EIVALLIN, entre solitude, secrets de famille et observation acérée d’un quartier où les silences en disent parfois plus que les mots.
Des romans, autant dire des histoires qui nous parlent, des personnages que l’on pourrait connaître. Des récits contraints aux ambiguïtés, aux singularités, qui nous poussent un peu en dehors de notre quotidien, nous obligent à ne pas rester simple lecteur indifférent. Quelques centaines de pages ; un univers à part entière à chaque nouvelle fois.
Un roman contemporain français
de Laurent Eivallin
Jean parle peu. Très peu.
Lorsqu’il rencontre quelqu’un et accepte de communiquer, il commence généralement par cette phrase toute simple :
« Jean, je m’appelle Jean. »
Il a pourtant beaucoup de choses à dire. Elles restent simplement à l’intérieur.
Jean est un enfant d’une dizaine d’années, fragile, réservé, profondément contemplatif. Là où les adultes voient de la faiblesse, de la maladresse ou quelque chose qui ne tourne pas rond, Jean observe. Il écoute. Il réfléchit. Il ressent.
Il découvre le monde sans vraiment comprendre les règles que les autres semblent avoir acceptées depuis longtemps.
Et surtout, il ne possède pas encore cette capacité si commune aux adultes : celle de faire semblant.
Autour de lui, la vie du quartier suit son cours. Les voisins se surveillent, les conversations circulent, les réputations se fabriquent et les petites histoires deviennent rapidement de grandes vérités. Les quatre amies de sa mère se réunissent régulièrement et commentent avec une assurance imperturbable les existences de ceux qui les entourent.
Dans ce théâtre ordinaire, Jean demeure à part.
Il préfère les livres, les pensées et les découvertes silencieuses aux conversations auxquelles il ne comprend pas toujours le sens.
Car si Jean parle peu, il n’en pense pas moins.
Résumé du roman
Dans Ma langue au chat, un enfant presque mutique découvre le monde des adultes avec une naïveté désarmante, tandis qu’autour de lui les secrets, les commérages et les apparences composent une étrange comédie humaine.
Jean vit avec sa mère, Ghislaine, dans une maison héritée de ses grands-parents. Elle connaît tout le monde dans le quartier. Ou du moins le pense-t-elle.
Car dans ce petit monde où les rideaux bougent derrière les fenêtres et où les mauvaises langues travaillent sans relâche, chacun possède une histoire sur son voisin.
Ghislaine a ses habitudes, ses amies, ses certitudes et ses secrets. Jean, lui, semble étranger à cette agitation. Il regarde le monde avec une distance singulière et trouve dans les livres un refuge autant qu’une manière de comprendre ce qui l’entoure.
Puis un événement vient troubler son quotidien.
Jean va peu à peu se retrouver confronté à des personnes qu’il ne connaît pas, à d’autres façons de vivre, d’aimer et de penser. Des rencontres qui vont l’obliger à sortir de son univers intérieur et à découvrir que les adultes ne détiennent peut-être pas toutes les réponses aux questions qu’ils prétendent résoudre.
Sans révéler ce que Jean va traverser, Ma langue au chat raconte ainsi le parcours d’un enfant qui cherche simplement à comprendre ce que signifie être humain parmi les humains.
Jean, un enfant « vierge au Monde »
Jean est le personnage central de Ma langue au chat.
À première vue, il semble fragile, maladroit et profondément inadapté au monde qui l’entoure. Sa mère porte sur lui un regard possiblement beaucoup plus trop dur pour une maman.
Mais Jean n’est pas une coquille vide, comme le laisserait faussement croire ses trop longs silences.
Bien au contraire.
Il possède une vie intérieure particulièrement riche. Il observe, associe les idées, s’interroge et tente de comprendre les comportements des adultes. Là où les autres agissent spontanément, Jean semble avoir besoin de réfléchir avant chaque geste.
Il ne cherche pas à dominer le monde.
Il cherche d’abord à le comprendre.
Cette différence constitue l’une des tensions essentielles du roman : que devient un être doux dans un monde qui valorise constamment la force, l’affirmation de soi et la capacité à s’imposer ?
Jean trouve une première réponse dans les livres.
La lecture lui permet d’entrer dans des univers qu’il peut découvrir à son propre rythme, sans subir le regard des autres. Il ne lit pas pour démontrer qu’il sait lire. Il lit pour comprendre. Pour explorer. Pour sortir de lui-même.
Les livres deviennent ainsi pour lui une véritable porte ouverte sur le Monde.
Ghislaine et le petit monde du quartier
Face à Jean se trouve Ghislaine, sa mère. Ghislaine appartient pleinement au monde qu’elle connaît et qu’elle juge. Elle possède ses habitudes, ses opinions et surtout un réseau de relations qui fait de la vie des autres une matière première inépuisable.
Avec Sylvie, Gilberte et Annie, elle forme le fameux « club des quatre ». Tous les samedis ou presque, les quatre femmes se retrouvent pour parler des autres.
Elles commentent les voisins, leurs couples, leurs habitudes, leurs comportements, leurs petites manies et tout ce qui peut alimenter une conversation. Ensemble, elles forment une sorte de petite institution locale du jugement.
Et dans ce quartier, personne n’est tout à fait ce qu’il paraît être.
La Sauterelle, la Folle de Saint-Guy, Madame Lanterne, les « châtelains » et quantité d’autres figures pittoresques composent une galerie de personnages dont les habitants se transmettent les histoires avec une gourmandise certaine.
Le quartier devient alors bien plus qu’un simple décor : c’est un véritable personnage collectif.
Chacun observe.
Chacun interprète.
Chacun raconte.
Et parfois, à force de raconter les autres, chacun finit par révéler quelque chose de lui-même.
Les personnages de Ma langue au chat
Jean
Enfant silencieux, sensible et contemplatif, Jean possède une vie intérieure que son entourage ne soupçonne pas toujours. Il regarde le monde avec une innocence qui n’est peut-être pas une faiblesse, mais une autre manière de le percevoir.
Ghislaine
La mère de Jean est une femme très ancrée dans son environnement. Elle connaît les habitudes du quartier, participe activement à sa petite vie sociale et porte sur son fils un regard parfois cruel, souvent incapable de comprendre ce qui se passe réellement en lui.
Sylvie, Gilberte et Annie
Les trois amies de Ghislaine complètent le club des quatre.
Toutes différentes, elles partagent pourtant une même passion : parler des autres.
Leurs conversations constituent l’un des ressorts satiriques du roman et donnent naissance à une véritable galerie de portraits, parfois drôles, parfois féroces, souvent révélateurs.
Marie-Jeanne et Hélène
Jean croisera également la route de Marie-Jeanne et Hélène, deux jeunes femmes dont le couple et les interrogations offrent un contraste saisissant avec le petit monde dans lequel il a grandi.
Leur rencontre avec Jean ouvre un autre espace du roman : celui de l’accueil, de l’altérité, de l’amour et des questions que chacun porte sur sa propre existence.
Leur présence permet également au récit de déplacer progressivement son regard et de montrer que personne ne possède une manière unique d’être au monde. Le manuscrit les présente notamment comme deux femmes qui accueillent Jean avec bienveillance et cherchent à comprendre l’enfant derrière son silence.
Un roman sur le silence, la parole et le regard des autres...
Dans Ma langue au chat, le silence de Jean contraste avec un monde où les adultes parlent sans cesse. Le roman joue ainsi sur un paradoxe essentiel. Jean parle peu, mais il observe énormément. Les adultes, eux, parlent beaucoup. Pourtant, que disent-ils réellement ?
À travers les conversations de quartier, les jugements, les rumeurs et les certitudes, Laurent EIVALLIN interroge ce besoin presque irrépressible qu’ont les êtres humains de commenter, classer, expliquer et juger leurs semblables.
La parole peut rapprocher.
Elle peut aussi enfermer.
Elle peut permettre de comprendre l’autre. Elle peut également fabriquer une réputation, une vérité de substitution ou une caricature.
Face à cette agitation permanente, Jean choisit souvent le silence.
Mais son silence n’est jamais synonyme de vide intérieur. Il devient une manière élégante d’être au monde.
Une comédie humaine à hauteur d'enfant...
Sous l’histoire de Jean se dessine un portrait beaucoup plus large de notre société.
Le quartier de Ma langue au chat pourrait être celui de n’importe quelle ville.
On y retrouve les voisins, les familles, les couples, les célibataires, les habitudes, les petites jalousies, les grandes certitudes et cette curieuse nécessité de donner un sens à ce que font les autres.
Le regard du narrateur transforme parfois ces situations ordinaires en scènes franchement comiques.
Mais le rire n’est jamais très loin d’une forme de malaise.
Car derrière les commérages, les petites méchancetés et les comportements qui peuvent prêter à sourire se cachent des êtres humains avec leurs frustrations, leurs peurs, leurs désirs et leurs contradictions.
Le roman observe ainsi la banalité du quotidien comme un révélateur de la nature humaine.
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Un quartier populaire d’une ville de France et des voisins et voisines aux aguets : Mais que fait donc le semblable de l’autre côté du rideau de la fenêtre ?
Un enfant et sa mère. Jean et Ghislaine.
Quel secret terrible Jean cache-t-il en se murant dans le silence ? Que pourrait-il bien arriver de singulier à ces deux humains communs dans ce modeste quartier d’une ville moyenne de France ? Et tous ces chats, simples éléments du décor ?
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À paraître
Émeline est étudiante en histoire de l’art. C’est une jeune femme au caractère trempé dans l’acier, d’une formidable complexité, à l’indéfectible fidélité.
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Alors Émeline sait, sent que sous peu, dans son existence battue, rien n’aura plus de valeur à ses yeux, hormis l’expérience de Dieu. Elle veut vivre et non survivre, présomptueuse superbe de fierté ; vivre au-delà d’elle-même.
L’histoire d’une vie d’homme, en quelques centaines de pages trop rapidement tournées ; volti subito.
Un jeune homme excessif qui veut tout, qui ne peut supporter la médiocrité qu’il ressent palpiter dans sa propre chair, qui se révolte du plus profond de son âme pour ne pas écouter les élancements trop normaux du cerveau qui commande le retour à la vie, au quotidien, qui exige de passer à un autre amour, comme on échangerait vulgairement sans sourciller son propre cœur contre une prothèse artificielle alimentée par une pile à combustible.
Affronter l’anesthésie générale de l’existence à force de refuser la défaite ordinaire. Se jeter de plein gré dans la tombe, accepter les ténèbres dans les veines, la pierre froide de sa sépulture éteignant tout espoir.
Mourir en grâce et renaître ; traverser les enfers pour goûter enfin les bonheurs que peut offrir fortuitement, la vie.
Naître, vivre et souffrir, souffrir encore et mourir. Mais dans l’intervalle, l’inattendu, l’amour, les proches, les rires des enfants, les repas de famille, le vin de l’amitié, autant de niaiseries couleur arc-en-ciel qui font une vie.
Le tout premier roman de L. EIVALLIN, alors encore tout jeune homme.
La suite des aventures de Romain Ajar, dur à cuire malgré lui, toujours aussi malmené…
Malmené par des intrigues qui n’en finissent pas de resserrer leur fatale étreinte autour de notre détective du quotidien.
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Anaisthêsía ma dilecta
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Loti, l’Exil et le Royaume (Le cycle des saisons, Tome 2)
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