« Les subprimes » : simple crise financière, association de malfaiteurs ou véritable escroquerie en bande organisée ?

ARTICLE DE BLOG N001-NERA001 Découvrez ou redécouvrez la Crise des Subprimes comme vous ne l’avez jamais vue ou lue… Ré-encastrer la science économique : rendre la place centrale à l’être humain. Plutôt que de rentrer dans une énième analyse à vocation technique, qui resterait assurément imparfaite à bien considérer l’ampleur du sujet, je vous propose de suivre les destins croisés de Mr and Mrs Middleclass et de Mister Bigdeal, ne serait-ce que pour rappeler que la science économique et avant tout une aventure humaine à contenu hautement politique. Rendons la place centrale à l’homme dans cette économie (-là), arrogante et presque toujours partisane. Alertons légitimement, sur le principe évident, que l’acronyme et l’équation à prétention scientifique de l’économiste, n’ont le plus souvent d’autre dessein que de travestir des réalités scandaleuses ou de déguiser des projets politiques inavouables. Citons deux exemples archétypaux, les PMA et la théorie reaganienne du ruissellement. Lorsque, à la radio ou devant votre télévision, vous entendez « PMA » (Pays les Moins Avancés), vous devez comprendre après traduction : pays où l’espérance de vie est honteusement faible : « En Afrique subsaharienne, la probabilité que les enfants meurent avant l’âge de 5 ans est 15 fois plus grande que dans les pays à revenu élevé » (Organisation mondiale de la Santé, Enfants : améliorer leur survie et leur bien-être). Vous devez entendre, pays où il faut se battre pour accéder à un point d’eau potable : « quelque 6,3 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2013. Plus des deux tiers de ces décès sont dus à des maladies pouvant être évitées ou traitées au moyen d’interventions simples et peu coûteuses (dont la diarrhée, avec ce triste constat : presque trois enfants par minutes qui vont mourir de ce problème intestinal le plus souvent bénin dans les pays développés à économie de marché [NDR], sources : OMS). Vous devez encore entendre pour finir, pays ravagés par la misère : la pauvreté dans les PMA demeure principalement caractérisée par son omniprésence et sa persistance : en 2007, 53 % de la population vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour, et 78 % avec moins de 2 dollars par jour. […] On estime que le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les PMA sera de 439 millions d’ici à 2015, alors que l’OMD (« Objectifs du Millénaire pour le Développement » ou « Millennium Development Goals), à atteindre était de 255 millions (Rapport 2011 sur les pays les moins avancés, CNUCED). Quant à la théorie du ruissellement, son évident contenu politique hautement explosif nous invite à la manipuler avec prudence ; nous disséquerons ce cadavre exquis dans un prochain numéro. Un couple américain et ses enfants : la famille Middleclass. Mais revenons après cette nécessaire digression, à nos protagonistes en plein matérialisme historique. Assistons donc aux pérégrinations de ce couple américain et de ses deux enfants, qui résident à Stockton, 13ième ville de l’État de Californie, qui poussa sous l’impulsion de la ruée vers l’or du milieu du XIXe siècle. Mr and Mrs Middleclass s’intéressent peu à l’économie, tout cela leur paraît lointain et abscons, dépourvu de tout potentiel permettant d’éclairer leur quotidien… Pourtant, le contexte macro-économique va peser de tout son poids historique (acception matérialiste) sur leur existence. Depuis de nombreuses années maintenant, les revenus, le pouvoir d’achat et le patrimoine de la classe moyenne américaine n’ont eu de cesse de s’atrophier. Une étude du LIS (Luxembourg Income Study/The New York Times) a démontré récemment la chute vertigineuse qu’a connue la middle class américaine dans les classements mondiaux au cours de la dernière décennie, mettant en évidence un recul historique : -5 % sur le revenu médian annuel et – 28 % sur le patrimoine [!]. La bulle internet et les attentats du 11 septembre ont de plus conjoncturellement ébranlé une économie américaine qu’une demande moins forte que durant la décennie 90-2000 ne n’avantageait déjà pas (faiblesse des revenus donc de la variation de la consommation/Le mystère de la consommation américaine, La Tribune). Dans ce contexte récessif, Alan Greenspan le patron de la FED (Banque centrale américaine) avait choisi d’abaisser les taux directeurs pour favoriser une politique de relance et parfaire son rêve éthéré mais sans doute pas totalement désintéressé, de société de petits propriétaires. Mais la boîte de Pandore avait déjà été ouverte dès 1999, lorsque Bill Clinton avait choisi d’abroger le fameux Glass-Steagall Act ; on pourrait même faire remonter le « financiarisme » (Banque Centrale des États-Unis, Les Crises.fr, Historique du PIB des États-Unis) aux années 1980 aux USA. Mais Mr & Mrs n’ont que faire des circonstances lointaines et hermétiques, imperceptible battement d’aile de papillon — augures qu’il leur est impossible d’interroger —, et qui pourtant, inéluctablement, s’en vient déclencher la tempête qui va réduire leur existence à pas grand-chose. Pour ce couple d’êtres humains de la première décennie du 21ième siècle, il est tout simplement plus compliqué de joindre les deux bouts ; les fins de mois sont difficiles. Dans le sabir du banquier, ils sont des « Alt-A » (2), c’est-à-dire des clients avec un « scoring » médiocre (score de crédit : évaluation de la solvabilité d’un agent économique qui souhaite emprunter, donc évaluation du niveau de risque théorique pour le prêteur). Leurs amis et voisins, Mr & Mrs Ittlendintears, ont déjà connu des situations de retard de paiement de leurs échéances sur des crédits aujourd’hui éteints ; ils sont notés « sub-prime », autant dire, clients à risque. Bon, des hommes et des femmes comme vous et moi, qui se sont vus refuser leur demande d’emprunt et donc l’accession à la propriété. Ces deux ménages avec des enfants en rêvent pourtant : une maison avec un jardin pour les roudouxdoux (orthographe personnalisée, attention aux copyrights…). Therese et Tom Middelclass en parlent souvent le soir en se couchant. Et puis l’inespéré frappe à la porte : Tom rentre un soir tout excité. Un courtier en hypothèques (3), (4) lui a laissé entendre que peut être, enfin qu’il allait voir ce qu’il pouvait faire mais que, étant donné la conjoncture et la tendance longue sur le marché immobilier américain, on pouvait espérer trouver une issue dans l’intérêt de tous. Ce que n’a pas dit